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Picasso et la bande dessinée

Cette semaine, nous vous parlons de la première œuvre ouvertement politique de Picasso [Lire la suite]

Pablo Picasso, peintre, sculpteur, graveur et auteur de bandes dessinées ?  Pablo Picasso nait à Malaga en 1881 au moment où les premières bandes dessinées émergent aux Etats-Unis. Cette semaine, nous vous parlons de la première œuvre ouvertement politique du maître espagnol : Sueño y mentira de Franco et des liens qu’elle entretient avec le 9ème art.

 

Une oeuvre comme une bande dessinée 

Deux planches, 18 cases, l’œuvre Songe et mensonge de Franco (Sueño y mentira de Franco) s’organise comme un comic strip. Ce diptyque de gravures dénonce le drame de la Guerre civile espagnole, conséquence directe du coup d'État du futur dictateur Franco contre le gouvernement de la seconde République espagnole en 1936.  Véritable manifeste de protestation par Picasso contre le coup d'Etat puis contre le bombardement de Guernica, ce diptyque de gravures figure dans les collections de nombreux musées dont le MOMA (inventaire 973.1964.1/2), le Museo de la Reina Sofia ou encore le Musée d'Art Moderne de Paris. Numérotées sur 850 exemplaires et signées du cachet signature de l’artiste, les deux gravures sont présentées dans leur folio d'origine avec facsimilé du texte autographe, le texte dactylographié et le rare feuillet de la traduction en anglais.

 

Pablo PICASSO
Sueno y Mentira de Franco

Ensemble de deux gravures originales (Eau forte et aquatinte)
Chacune signée du cachet signature de Picasso
Numérotées / 850
Sur vélin 38 x 56 cm

 

Publiées en 1937, les deux gravures sont des eaux-fortes constituées de neuves vignettes chacune ainsi qu’un poème de Picasso. Les vignettes dépeignent les attaques d’un cavalier faisant la guerre pour le pouvoir et rappelle le roi Ubu d'Alfred Jarry. La planche I met en scène un personnage monstrueux, « une carotte hideuse » selon Picasso, armé et débutant sa course sous le regard amusé d’un soleil qui finira assassiner dans la dernière vignette.

 

 

Dans la seconde planche, le personnage ignoble persiste dans sa folie meurtrière en tuant son cheval. On peut également y voir les images d’une femme en larmes, tête renversée ainsi que l’image d’une mère portant la dépouille de son enfant. Le cavalier monstrueux a semé la mort autour de lui et ces images terribles préfigurent des éléments de l’œuvre Guernica, tableau monumental achevé la même année.

En organisant les deux planches sous formes de vignettes, comme des séquences d’images se déployant de gauche à droite, Picasso s’approprie les codes de la bande dessinée. Le thème de la guerre repris dans ces vignettes est transcendé par le texte poétique de l’artiste décrivant une réalité violente et cauchemardesque.

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